Le coin des inclassables

50 nuances de jaune

Bonjour cher.e.s ami.e.s ! J’espère que tout va bien de votre côté et que les cieux sous lesquels vous évoluez sont toujours des plus cléments 🙂 Moi…je cartonne et cartonne encore, devant sans cesse lutter contre un Ludo déjà totalement Messin dans sa tête – et qui a failli me faire le coup d’enlever toute la déco de l’appartement un mois avant la date fatidique – faisant passer notre chez nous du rang de “mignon petit cocon” à “locaux d’hôpital de seconde zone”… inutile de vous faire un dessin, OUI je lui ai arraché des tableaux des mains en vociférant *certainement pas* 😛 déjà que je n’ai aucune déco de Noël qui illumine mon quotidien et que le petit lutin que je suis est en train de faire une véritable dépression nerveuse, il ne va pas s’y mettre ce cornichon !! Et puis, c’est… c’est super dur de partir de Yutz…Moi qui, dans ma prime jeunesse, avait juré tous les grands dieux que “jamais je n’habiterais l’agglomération thionvilloise – cette ville moche et toute pourrie” me voilà en train d’en partir des larmes plein les yeux ! Ne jamais dire jamais qu’ils disaient, hein 😉

Je profite également de ce billet pour présenter mes plus plates excuses à toutes celles et ceux dont j’ai littéralement POURRI le mur Facebook avec mes “dons de déménagement” – j’ai encore des progrès à faire dans mon rapport à la technologie et il semblerait bien que la fonction “masquer” de Facebook ne marche en réalité que sur mon journal, et pas sur les vôtres. Donc, après m’être liquéfiée de honte à l’idée de mes 200 et quelques ami.e.s m’ayant toutes et tous vue comparer la télécommande de mon tapis masseur pour le dos à un sex-toy, je me suis en plus fait rabrouer (coucou Renaud !) parce que je n’avais même pas encore parlé des Gilets Jaunes. Ben oui, tiens, je crois bien que c’est plus que jamais le moment d’en parler !

Parce que s’il y a un bien un truc qui a été violent lors de mon retour du pays où tout est “Amazing”, c’est le décalage horaire l’ambiance en France, passée de râleries généralisées à un espèce d’énorme *Cocorico* vengeur. En gros, j’ai eu l’impression de partir accompagnée de la douce mélopée de petits moutons gambadant joyeusement dans une prairie fleurie, pour rentrer dans un climat de véritable guerre civile, descellement des pavés sur les Champs et feux de Bengale aux 4 coins des grandes villes de France.

En fait, j’avoue, j’exagère à mort un poil, parce qu’en réalité, je n’ai pas constaté grand-chose. Mon retour à la maison s’est passé comme sur des roulettes – et bien qu’ayant pris le RER + le TGV à Paris, absolument rien à signaler. J’ai à peine vu quelques Gilets Jaunes se battre en duel le lendemain, dans un rond-point à côté de chez mes beaux-parents (vous voyez le Trou du Cul du Monde ? Ben c’est encore après 😆 ). J’avais bien remarqué la multiplication de posts – souvent un poil…disons…chauvins, pour être très tolérante et compréhensive – sur le Facebook d’ami.e.s ne relayant PLUS QUE ÇA et passant de la catégorie “un peu relou” à “assez insupportable”. Bref, celles et ceux qui avaient déjà l’habitude d’exagérer pour un rien et de relayer des fakes continuaient à le faire, m’étais-je innocemment dit…rien de neuf sous le soleil de FB !

Sauf que ! Quand j’ai ouvert mon premier site d’actualités ‘sérieux’, ce que je n’avais pas fait depuis plus d’un mois…WAOUW. Ah ouai, c’est bien BIEN parti en vrille en fait ! Et j’ai commencé à lire, à éplucher, à comparer – dans la principale optique de ne pas “emballer c’est pesé” ce mouvement – notamment parce que j’avais vu quelques posts un peu fachos aux entournures – étant vite persuadée que c’était bien plus compliqué que ça. J’ai d’ailleurs vivement apprécié l’article d’Irène, du blog La Nébuleuse, qui résume pas mal de choses au sujet de ce mouvement (j’avoue avoir poussé un Hallelujah de soulagement quand j’ai découvert ton billet 😛 ), bourré de références éclectiques (et rien que le fait de lire un truc purgé de toutes les daubes que je vois passer sur les réseaux sociaux m’a fait grand bien), qui m’a un peu plus éclairée sur un rassemblement dont je pense toujours la même chose après 1 bon mois, c’est à dire “?”.

C’est bien simple : je ne sais pas DU TOUT quoi penser des Gilets Jaunes. C’est étonnant parce que c’est bien la première fois que ça m’arrive ! Je me retrouve incapable de prendre position, que ça soit en faveur ou contre. Ça part dans tellement de directions différentes, que j’ai décidé de vous partager aujourd’hui, à la façon d’une battle en négatif VS positif, ce que je pense de tout ça – et surtout de vous dire pourquoi je crois que toutes les tentatives de catégorisation strictes de ce mouvement sont hors-sujet. On y va pour le débrief ?

untitled

Pourquoi le mouvement des Gilets Jaunes m’interloque complètement.

Quand je suis rentrée et que j’ai découvert tout ce qui s’était passé en France, ça a un peu été l’hallu. Une mobilisation de cette ampleur, dans notre pays, où les grandes gueules qui sont souvent plus promptes à l’ouvrir bien grande qu’à agir vraiment sont légion, j’avoue que ça m’a presque agréablement surprise. Très vite, j’ai cherché à m’informer, à découvrir quelles étaient leurs revendications, leurs valeurs – façon petit passage aux rayons X et là, premier OUCH. Depuis le début, j’ai l’impression de me retrouver face à un véritable gloubi boulga idéologique – et je ne sais pas du tout sur quel pied danser. C’est très simple : TOUT LE MONDE récupère ce mouvement DANS TOUS LES SENS et je pense que c’est en partie lié à l’immense diversité des personnes mobilisées. On a de l’extrême droite, de l’extrême gauche, des écolo, des profs, des chef.fe.s d’entreprise, des chômeur.se.s, des retraité.e.s, des salarié.e.s, des gens à gauche, à droite, au centre, des personnes des banlieues, des gens de la classe moyenne, des personnes plus pauvres, des femmes, des hommes, des lycéen.ne.s, des politiques, des stars, des écrivain.e.s. Ah ouai Michel ! On ne parle pas de trois pelés et deux tondus qui scandent « pas contents, pas contents » en brandissant des bannières artisanales – là, y a du monde quand même ! Et c’est bien ça qui me pose un premier problème : on a un peu l’impression de faire face à un gigantesque ensemble branlant et fulminant, très désorganisé dans ses idées (mais paradoxalement très concret et coordonné dans ses actions). Donc primo, c’est pas super facile pour moi de dire *j’adore, j’adhère* quand je vois filtrer des revendications anti-écolo ou plutôt racistes de gens qui sont persuadés de parler pour la France entière. Après, point d’amalgame : il y a réellement à boire et à manger dans ce mouvement et il convient de garder un certain recul.

Deuzio, c’est un rassemblement dans lequel je perçois énormément de violence – qu’elle soit verbale ou beaucoup plus concrète. On est, avec une frange (là encore, pas pour tous) des GJ, dans une énergie très dark d’annihilation – qui ne me parle absolument pas. J’aimerais vous partager quelque chose de très intéressant – que j’ai lu sur Facebook – il me semble que c’était dans le groupe « Marche pour le Climat Metz » mais je ne retrouve plus le post (toutes mes excuses, oui, je sais, « le niveau baisse » toussa toussa 😀 ). Dans cette prise de position, une énergéticienne donnait son point de vue et expliquait, en somme, qu’elle ressentait – chez les Gilets Jaunes, une énergie extrêmement négative de destruction – et qu’elle se plaisait et se reconnaissait bien mieux dans le mouvement de la Marche pour le Climat (fréquemment renommé ‘les Gilets Verts’ ces derniers temps) – qui était dans l’écoute de l’autre, dans la discussion et dans la construction. Je partage plutôt son sentiment. J’ai été (accompagnée (oh miracle !) de mon cher et tendre) à la Marche pour le Climat du 8 décembre et c’était chouette. Les organisteurs.rices ont rappelé au moins 3 fois que c’était une manifestation et un mouvement non-violents – tout s’est passé dans le calme et dans la bonne humeur (et nous étions plus de 1500 malgré un temps DEGUEU – il y avait des fanfares, des actions cohérentes et non-violentes…Cool, quoi !). Quelques associations très actives ont été créées depuis la première Marche, et elles essayent de changer les choses à leur niveau. Il y a le groupe Facebook (qui compte environ 1200 membres) sur lequel nous échangeons souvent et il faut noter qu’à la fin de chaque Marche, chacun est libre de rester sur l’Esplanade de Metz pour construire et imaginer les prochaines actions. Il y a beaucoup de collectif, on s’écoute les un.e.s les autres. Et c’est ce qui me dérange un peu chez les GJ : j’ai la sensation d’un collectif de façade, où personne ne s’écoute réellement, où chacun prêche pour sa chapelle et où on déconstruit sans réellement penser à l’après. Entre celles et ceux qui ne veulent pas aller à l’Elysée et qui se menacent mutuellement, celles et ceux qui se tapent dessus parce qu’ils ne pensent pas la même chose, celles et ceux qui n’ont pas exactement les mêmes revendications, celles et ceux qui veulent un leader…il y a déjà des fortes dissensions !

20181208_145646
Marche pour le Climat du 8 novembre, à Metz

Bien évidemment, je ne valide aucune violence, qu’elle vienne du côté des manifestant.e.s ou des policier.e.s. On a vu des biens dégradés (et là aussi, loin de moi l’idée de m’offusquer face à la destruction des monuments en tant que tels (c’est-à-dire des objets, certes symboliques mais qui restent ce qu’ils sont) – si tu considères qu’un objet dégradé explose l’idée de ‘nation’ en miettes, c’est que cette dernière n’est décidemment pas bien costaude), des personnes des deux camps qui ont été mutilées (on a pu voir des mains soufflées par des grenades, des ecchymoses, des blessures diverses et variées), des soumissions de jeunes à faire froid dans le dos, des policiers tabassés, des voitures brûlées et j’en passe et des meilleures. Et ça, je ne cautionne pas et ne cautionnerai jamais. A mon sens, il ne peut rien sortir de bon de la violence. Alors oui, on pourra me rétorquer que je ne suis qu’une hippie utopiste et que dans la vie, faut se battre pour obtenir ce que l’on veut – je resterais quand même sur ma position. On me dit « Et Mai 68 ? Et la Révolution Française ? T’es bien contente de profiter de tous les acquis aujourd’hui ma grande ». Oui, bien sûr. Mais est-ce que l’on a pour autant créé un modèle de société juste, stable et respectueux de notre lieu de vie qu’est la Terre ? Certainement pas. Les avancées, je ne les renie pas – mais putain, à quel prix ? Je reste convaincue qu’on ne construit rien de complètement pur et bon dans le sang et l’affrontement violent. Je ne vais pas pour autant faire ma faux-jetonne, il m’est arrivé par le passé de partager des choses pro-Mai 68 ou que sais-je sur les réseaux sociaux. Mais aujourd’hui, au jour J et à l’heure H, la Manon Woodstock que je suis se demande si le traitement de ces révoltes du passé ne serait pas un chouïa biaisé. Comme si on ne voyait que les réussites, et pas les échecs ou la souffrance qu’il y a pu avoir derrière. C’est une réflexion du moment que je vous demande de ne pas prendre pour argent comptant. D’ailleurs, qu’en pensez-vous ? (Vraiment intéressée je suis 😉 ).

Au sujet des dégradations volontaires de biens, un ami en a discuté dans le calme avec un GJ qui faisait un barrage non loin de chez lui – et ce dernier plébiscitait les casseur.se.s, en soutenant que c’était eux qui faisaient avancer le mouvement. Mon pote s’est un peu fâché en lui disant *Et si ça avait été ta maison qui avait été saccagée, ta voiture brûlée ?* Sa question a été accueillie par un grand silence – et encore une fois, je constate que les gens veulent que « ça pète » mais toujours avec ce fameux « NIMBY » (Not in my backyard – pas dans mon jardin en VF) qui leur colle aux basques. Ça fait ‘je ne vais pas jusqu’au bout de mes idées’ et ça m’ennuie un peu aussi.

Il faut également que je vous évoque 2-3 trucs qui m’ont passablement agacée, notamment le fait que les médias aient complètement éclipsé la forte mobilisation lors de la marche « Nous Toutes » organisée le 24 novembre, et qui a réuni, à Paris, plus de 50000 personnes qui ont dit merde aux violences sexistes et sexuelles infligées aux femmes. Je suis entièrement d’accord avec Titiou Lecoq, qui dit qu’il ne faut pas opposer les deux mouvements – mais là, je n’ai pas pu m’empêcher de pousser un énorme ‘Crotte de Bique’ ! Pour une fois qu’un rassemblement féministe fédère, que les gens bougent pour manifester contre ce que les femmes vivent au quotidien – hop, un coup de violence des GJ et paf, on ne parle plus que de ça aux JTs…alors qu’ils étaient quand même vachement moins nombreux.ses. Biaisés, les médias nationaux, avez-vous dit ? C’est en faisant ces constats que tu te rends compte que le traitement de l’info en France est hallucinant de partialité ! Deuxième point de grommellement de ma part : quand ça a été la grève de la SNCF, j’ai fait partie des partisans qui se sont sentis bien seuls à les soutenir (en tout cas dans mon secteur géographique). Pourtant, il m’a bien semblé que l’on parlait du saccage d’un service public hyper utile et bien plus écologique que d’autres moyens de déplacement, d’un détricotage d’avantages acquis de haute lutte, de casse sociale et…qu’est-ce que j’ai entendu comme « fainéants », « est-ce qu’on se plaint, nous ? », « saletés de fonctionnaires », « privilégiés »…Putain, c’est pas fair là, les gars ! Y a 3 mois tout le monde se tirait dans les pattes au son de l’éculé *ils m’empêchent d’aller au boulot ces cons* et maintenant, les GJ aimeraient nous faire croire que c’est Peace and Love, tout le monde est dans le même bateau ? Je n’y crois que moyennement et j’y vois un peu, je dois dire, une incapacité grandissante des gens à s’inscrire dans des luttes qui ne les concernent pas directement. On en revient à l’individualisme exacerbé que me renvoie ce mouvement, sous un maquillage plutôt grossier d’unité.

En ce qui concerne les blocages, ça me gratte pas mal dans le slip aussi. Ok, les ronds-points, c’est un symbole, pourquoi pas (quoique je doute un peu de l’efficacité de blocages de gens dans la même exacte galère que nous – je rappelle que toute la frange aisée de la population et la classe politique, ils s’en foutent pas mal qu’on bloque un rond-point à Saint-Gilles-les-Trois-Canards – la seule chose qui les fait bouger dans le cas présent, c’est la violence) – mais POURQUOI persister à bloquer les petits centres-villes ? Habitant pour ma part près de Thionville, dont le centre est déjà dans un état de décomposition à faire pâlir Freddy Kruger d’horreur, je peux certifier que mis-à-part un Sephora et un H&M, le reste n’est composé pratiquement que de petits commerces de proximité. Je n’y ai pas remis les pieds depuis mon retour, mais apparemment, ça a été un sacré bordel. Des manifs lycéennes ont dégénéré et ça a eu l’air d’être chaud cacao ! J’ai une pensée particulière pour une boutique de jouets (Gens Petits) que j’adore, dont la gérante est adorable, toujours de bon conseil – et qui fait l’effort de proposer des jeux de qualité, vraiment différents de ceux que l’on trouve dans les grandes enseignes. Je me dis « la meuf, elle va boire le bouillon si ça continue ». Idem pour les petits restaus, les épiceries et les boutiques de fringues – qui n’ont rien à voir avec les géants de l’habillement que l’on connaît bien ! Ceci est un message pour tous les Gilets Jaunes qui me liront, BON SANG, ne bloquez pas les centres-villes ! Là, vous êtes en train de tuer toutes les tentatives de remettre de la vie et du dynamisme dans des territoires qui sont en voie de désolation ! Bloquez les mairies, bloquez les centres-commerciaux, bloquez l’Elysée, bloquez l’Assemblée, le Sénat, les bureaux des lobbys et de toutes les instances politiques, bloquez les banques, bloquez tous les géants de l’industrie qui refusent de payer leurs impôts en France ou qui tuent la planète – mais de grâce, ne tuez pas le travail important des TPE et PME qui mettent de la vraie vie dans ce pays !

1024px-GJ_Paris_(32170187378)

Pour finir, je vous avoue que je ne me sens pas forcément proche de la révolte initiale – celle contre la hausse de la taxe sur les produits pétroliers. Ça fait partie d’une des choses qui m’énerve profondément dans le monde à l’heure actuelle : les gens sont visiblement tout à fait pour que l’on agisse en faveur de l’écologie et ont conscience que la situation est grave, mais…et c’est là que nous constatons un superbe biais cognitif : ne veulent changer leurs habitudes pour rien au monde, ni faire aucun sacrifice. Et je ne sais pas si les gens se rendent compte, mais à un moment, il va falloir faire des sacrifices COLLECTIFS – parce que c’est terrible à dire : nous sommes toutes et tous dans le même bateau qui sombre sous nos yeux, mi ébahis mi en train de regarder ailleurs. Je crois qu’il faut d’urgence repenser notre utilisation de la voiture en tant que transport quotidien et commencer sérieusement à réfléchir à des alternatives durables pour nos déplacements.

MAIS. BON GROS MAIS DE TRANSITION. N’est-ce pas faire preuve de mépris que de voir les choses uniquement sous cet angle ? N’est-ce pas abuser de ma position de jeune adulte de la middle class qui arrive à boucler ses fins de mois ? A un moment, ne faut-il pas s’auto-analyser 5 minutes et se dire : pourquoi tout cela m’agace ? Parce que je veux que nous mettions la protection de la planète au centre de tout (et j’ai parfois l’impression que les GJ ne sont pas assez vindicatifs sur ce sujet primordial) – et aussi, un peu, parce que je suis, à l’heure actuelle, bien mieux lotie que certains manifestant.e.s qui défilent. C’est juste nécessaire de le dire. J’en profite donc pour rebondir sur un point essentiel, où je partage exactement la même colère des Gilets Jaunes : c’est toujours les mêmes qui payent les pots cassés, depuis la nuit des temps. Les populations aisées, la taxe sur l’essence, elles s’en tamponnent royalement le coquillard. Pour elles, quelques dizaines d’euros de plus à la pompe tous les mois, c’est juste des putains de cacahuètes – alors que pour vous, ami.e.s plus modestes, ça ne vient qu’étrangler un budget qui se serre de plus en plus chaque mois – et c’est vous qui devez gérer dans des situations toujours plus précaires. Ce qui me fait dire que OUI pour une taxe de l’essence, mais certainement pas en l’état actuel des choses. Pas tant que des gens n’arriveront pas à manger, à se chauffer et à se loger décemment. Pas tant que les entreprises continueront à écraser les gens avec des contrats toujours plus précaires et mal payés. Pas tant que des gens seront brisés par un système pyramidal – où le sommet se gave pendant que la bas crève la gueule ouverte, et que le milieu commence à patauger lui aussi.

Ce qui fait que j’admire le mouvement des Gilets Jaunes.

La prise de conscience en sens inverse a commencé un soir, alors que nous sommes tombés sur le 19 :45 d’M6 – chose rarissime puisque nous regardons très rarement les infos (ou alors 5 minutes de Quotidien de ci de là et le journal d’Arte de temps à autres). Et en fait, j’ai halluciné total. C’était tellement partisan, tellement anti – Gilets Jaunes que mon radar à propagande s’est mis à s’affoler telle une boussole à côté d’un aimant. C’est un peu comme si TF1 se mettait à taper à gros coups de godillots sur quelqu’un – le truc est forcément un peu suspect. Dans la vie, tout n’est pas tout noir ou tout blanc – la vérité – dans 95% des cas, se situe même plutôt au milieu. Et puis je ne sais pas, quand on se met à ne dire que du mal d’un mouvement si vaste, ça met la puce à l’oreille, non ? Là, ce n’était que « Regardez, ils cassent des monuments » « Oh !! Ils ont des battes de baseball et des barres de fer » « Ils brûlent des voitures ces racailles ! » « Ils tabassent des policiers – qui font si bien leur travail et vous protègent ». OH MAIS VOS GUEULES LES MOUETTES !! Stop le baratin deux minutes ! Des casseurs, il y en a dans chaque putain.de.mouvement.d’ampleur. C’est comme ça. Est-ce que c’est une raison pour discréditer les Gilets Jaunes dans leur ensemble ? Bien sûr que non ! Soyons plus intelligent.e.s que ça, enfin ! Là, on nous joue la vieille carte toute cornée du sécuritaire (que je croyais pourtant hors d’usage depuis Sarko 😆 ). On vous fait peur, oui vous là, tout emmitouflé dans un plaid sur votre canapé, en train de croquer un demi-Xanax et de caresser frénétiquement votre chien-chien en lui murmurant à l’oreille ‘un bon coup de Karcher là-dessus mon Kiki, et tout ira bien’. Sortez des schémas établis, de grâce !

J’ai lu un article très intéressant à ce sujet – encore une fois, je suis impardonnable, je n’ai pas noté la source – qui disait en somme : on parle sans cesse de la violence au centre du mouvement des Gilets Jaunes, mais changeons de perspective : la violence que le gouvernement nous inflige depuis des dizaines d’années, on en parle ? Les impôts toujours augmentés pour celles et ceux d’en bas, toujours allégés pour celles et ceux d’en haut, on en parle ? La casse sociale qui fait vivre bon nombre de nos concitoyen.ne.s dans une misère totale, on en parle ? Le chômage qui broie toujours plus de monde et qu’on nous renvoie sans cesse comme étant de notre faute, on en parle ? Les entreprises qui paient de la merde tout en te demandant de travailler en heures sup’ gratos sous la menace d’un licenciement ou d’une non-reconduction de contrat, on en parle ? Le mépris stratosphérique de Macron pour toutes celles et ceux qui gagnent moins de 6000 balles par mois, on en parle ? Alors oui, je comprends que quand l’état ramène sa fraise avec sa taxe sur l’essence qui n’impacte réellement que les catégories les plus modestes, les gens craquent. Je dois dire, que sans ressentir cette taxe comme tant d’autres, je suis fatiguée par Macron et consorts, fatiguée par Sarko qui nous sortait il n’y pas si longtemps qu’il fallait se méfier des Français, parce qu’ils avaient guillotiné un roi (j’avais déjà envie de lui dire de LA FERMER à l’époque – et c’est exacerbé aujourd’hui 😉 ), fatiguée par toutes les politiques mortifères menées depuis que je suis née. Vous n’êtes pas sans savoir que je suis loin d’être la fan n°1 de Macron – et que je publie régulièrement des textes pour crier toute ma colère envers cet énième président des riches, l’arrogance éhontée en plus. Sans me mettre dans une quelconque posture déplacée de porte-parole, je comprends parfaitement qu’une majorité des Français.e.s aient envie de répondre par la violence à toute celle qu’on leur sert matin-midi et soir depuis des années – en leur demandant d’ouvrir toujours plus grand. Tout cela transparaît très bien dans le beau texte écrit par l’écrivain Edouard Louis publié dans Les Inrocks, que je vous conseille d’aller lire sans plus tarder.

J’avais également lu quelque chose de très vrai ailleurs et qui disait, en somme, ‘les Gilets Jaunes ne revendiquent rien, ils sont’. C’est très joliment dit. Alors que l’on entend diverses personnalités fustiger leur manque de revendications construites, je trouve que c’est bien envoyé. Parce que ce qui est positif dans ce mouvement, c’est que les gens font. Ils se remontent les manches. Avec le recul, ils ne procèdent peut-être pas toujours de la meilleure des manières – mais ils sont dans l’action, la vraie. Ce mouvement, c’est un cri. Un cri du peuple qui n’en peut plus de se voir oublié, déconsidéré et spolié. C’est l’expression brute d’une colère que je comprends et que je partage à 150%. Et je dois vous dire une chose ! Alors que je fustige souvent la « grande gueule à la française » ou « je me plains beaucoup, mais je ne fais pas grand-chose pour que ça change », je suis agréablement surprise. Dans le cas présent, les gens se sortent les doigts et agissent – ça, c’est juste super positif.

Manifestation du mouvement des gilets jaunes, à Belfort, le 01 décembre 2018.
Manifestation du mouvement des gilets jaunes, à Belfort, le 01 décembre 2018.

Avec le temps, je trouve que le mouvement est devenu autre chose, tel un métamorphe. D’aucuns s’en vont, d’autres se greffent, comme une partie des routier.e.s, des membres des forces de l’ordre, des agriculteur.rice.s, du personnel hospitalier et toutes ces autres professions en souffrance. On a noté la participation de certaines associations comme le Collectif ‘Justice pour Adama’ et ça c’est top, parce que ça veut aussi dire que bien que les Gilets Jaunes soit très différent.e.s, ils/elles marchent ensemble pour une cause commune : exprimer leur ras le bol. Certain.e.s ont remarqué une supposée absence des banlieues – grandes oubliées de la République, d’autres se sont interrogé sur une supposée infiltration par l’extrême droite. Moi, je crois qu’on ne peut pas apposer d’analyse catégorique sur un tel rassemblement. Laissons-le être, laissons-le évoluer et ne prenons pas le risque de le dénaturer avec des jugements trop hâtifs.

Parce que je dois le dire : j’admire autre chose dans ce mouvement si ambivalent : on pourra toujours essayer de leur retirer des tas de choses, mais on ne pourra jamais nier son incroyable capacité à avoir fédéré si vite des individus si disparates – notamment grâce à Facebook. Alors oui, peut-être que ça a été trop vite, peut-être qu’il y a eu des récupérations politiques dans certains cas, mais quand même : chapeau. En quelques semaines à peine, un mouvement créé à la va-vite et débarqué de nulle part aura réussi le tour de force de se faire entendre et de paralyser une grande partie du pays – et cerise sur le gâteau, d’être soutenu par la majorité des Français.e.s.

En ce qui concerne les blocages, les choses sont en train de changer doucement aussi, comme le détaille cet article de Bastamag. Un militant GJ avoue même qu’« au début, [ils] ne ciblai[en]t pas la bonne cible ». On assiste depuis quelques semaines à des blocages extrêmement sensés que j’applaudis à tout rompre : l’usine de Monsanto à Trèbes, des usines appartenant au groupe L’Oréal, des Carrefour, des Leclerc, des banques…Ce sont des petits détails qui me font mettre pas mal d’eau dans mon vin et qui me font dire que je rejoindrais peut-être le mouvement un jour. Bloquons les entreprises qui ne payent pas d’impôts en France et s’exonèrent à coups d’optimisation fiscale, bloquons les grandes banques qui se gavent sur notre dos à coups d’agios, de tarifs punitifs et qui ont leur rôle à jouer dans tous les montages financiers servant l’évasion fiscale, bloquons les entreprises écologiquement irresponsables ! Ce sont elles qui hypothèquent notre avenir et celui de nos enfants dans le seul but de faire plus de profit.

Je crois que Gilets Jaunes, Gilets Verts (Marche pour le Climat) et Gilets Rouges (Syndicats) sont compatibles entre eux. Les luttes convergent plus que jamais. Je ne vous cache pas que je suis extrêmement inquiète quand je vois que le gouvernement est, d’une certaine manière, en train d’opposer justice sociale et justice écologique. Ce qu’ils font est très grave, parce qu’en crispant la population avec une taxe sur les produits pétroliers (sans aucune contrepartie), ils aggravent les comportements de rejet anti-écolo – alors qu’il serait plus que temps de placer un bon gros paquet de billes dans l’éducation à l’éco-citoyenneté. Parce que je crois qu’avec l’avenir environnemental qui se profile, ce sont avant tout les classes sociales du bas de la pyramide qui vont trinquer les premières, devant toujours plus rogner sur leur budget déjà serré. Cet article paru sur le blog d’Alternatives Economiques le souligne : « il y a dans le monde, par millions, des très riches qui émettent 2000 à 3000 fois plus que les plus pauvres ». Il est aussi précisé que la taxe carbone pèse 4 fois plus sur le budget des personnes les plus démunies. Alors, plus que jamais, j’en suis convaincue aujourd’hui : il n’y aura pas transition écologique sereine tant que nous n’aurons pas rétabli la justice sociale. Et je suis convaincue que les deux combats doivent (et peuvent) avancer main dans la main !

On fait le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant

Alors qui suis-je en ce 14 décembre 2018 ? Et quelle est ma position face aux Gilets Jaunes ? Je ne vous cache pas que je continue à bien plus me reconnaître dans le mouvement de la Marche pour le Climat et que je ne compte pas rejoindre les GJ pour l’instant, ni m’étiqueter comme soutien aujourd’hui. Mais ! Il n’empêche que je sais reconnaître la force et la pleine légitimité de ce mouvement et que si je croise des manifestant.e.s, j’irai sûrement discuter avec eux, plutôt que de m’engueuler parce qu’on ne va pas dans la même direction. Je ne suis pas et ne serai jamais fermée aux GJ. Je prône l’écoute et la compréhension bienveillante de toutes ces personnes dont je me sens proche – par certaines idées.

La seule question qui me taraude vraiment est la suivante : Le mouvement peut-il aller plus loin que ce qu’il est ? J’ai l’impression que s’il se politise à outrance (en montrant le souhait de déposer, par exemple, des listes aux élections européennes), ce qui me fait dire que l’on va forcément en revenir aux particularismes et sortir du tout qui a contribué à l’efficacité redoutable de ce rassemblement populaire. Seuls les lendemains nous apporterons la réponse à cette question.

Macron a « annoncé », pour tenter de sortir de la situation de crise, mais personnellement, à part me donner envie de gerber, ça n’a pas fait grand-chose. A quoi cela servira-t-il d’augmenter le SMIC si c’est pour tout augmenter autour ? Le gel des prix de l’énergie ? Pourquoi si l’on doit compenser cela plus tard ? Je partage la sensation d’un vaste foutage de gueule.

32383772718_c2ace2708f_b

Je suis toujours interrogative à propos des Gilets Jaunes, je ne vous le cache pas. Je ne soutiens pas ouvertement le mouvement, mais je ne suis pas contre non plus. Je reste ouverte et indécise à la fois. Certain.e.s pourront me reprocher de ne pas faire de choix (ouuuh le bon revival de l’élection présidentielle de 2017 avec ce bon vieux « Les Ni-Ni au bûcher ! » d’un autre temps…), mais je crois qu’en démocratie et dans la vie en général, c’est ok de ne pas prendre de position virulente sur tout. Ni toute noire, ni toute blanche, je fais du gris mon étendard – mais garde les tubes de peinture à proximité, pour ajuster la couleur qui est la mienne !

Aller, v’la mes sources, en plus de celles données au long de l’article :

Et vous, cher lectorat, que pensez-vous du mouvement des Gilets Jaunes ? Les soutenez-vous ? Êtes-vous contre ? Pourquoi ? J’attends vos réactions avec impatience et ai hâte d’en débattre avec vous !

Je vous souhaite un très bon week-end et vous envoie une pluie de bisous.

Revendications Rageuses et Résistance Multicolore !

Manon Woodstock.

Publicités

13 réflexions au sujet de “50 nuances de jaune”

  1. Quand la colère explose de cette façon, c’est sûr qu’on peut y voir beaucoup de tendances mortifères, c’est le ras le bol qui s’exprime donc on bloque, on casse, on fait tout pour se faire entendre. Une partie des GJ se sentent acculés, dans une situation de survie, donc c’est un peu la rage du désespoir aussi… Rien d’étonnant que ça en arrive là, c’est presque le contraire qui serait surprenant, que les gens continuent à subir en baissant la tête. Après sur les violences, y’a quand-même pas de symétrie : y’a énormément plus de manifestant blessés sérieusement, sans compter tous ceux qui se font fait discrets et ne l’ont pas forcément dit. Et ça participe à créer une haine des flics même chez des personnes qui n’avaient jamais ressenti ça… Comme tu le soulignes en tout cas, y’a des contradictions internes, le mouvement peut aller dans plein de sens différents, donc la question qui se pose, quand on est déjà militant c’est : quelle place on peut et doit avoir la dedans ? Est-ce qu’on doit enfiler un GJ ? Pour certains ça peut sembler pertinent, moi je me vois pas faire ça parce que ma révolte a pris une autre forme depuis longtemps, elle ne dépend pas vraiment de ce mouvement donc j’aurais un peu l’impression de surfer dessus sans que ce soit entièrement honnête. Je pense que notre rôle ça doit être d’aller discuter, échanger, proposer des modes de débats et d’action collectives, sans s’accaparer pour autant les rôles centraux… et encore moins en avançant masqué sans dire qui on est. C’est le choix que fait Alternative libertaire par exemple pour l’instant… Localement les militants sont aux mobilisations des GJ, participent etc, mais sont identifiables. Et y’a des « modes d’emploi des AG » qui ont été faits pour partager l’expérience militante là dessus

    J'aime

    1. Hello Irène, merci pour ton commentaire.
      Je suis tout à fait d’accord avec toi. Sans cautionner la violence, c’est complètement logique (et paradoxalement, plutôt rassurant) que ça en arrive là.
      En ce qui concerne les personnes blessées depuis le début du mouvement, je suis, pour ma part, assez estomaquée de la récupération qui est faite par certaines personnes – des deux côtés (là encore, rien d’étonnant !). Une frange des GJ va insister et catégoriser les flics en « tous pourris » et d’un autre, certains flics vont chercher à faire passer l’ensemble des GJ pour de dangeureux casseurs. Je pense qu’il y a des torts des « deux côtés de la pièce », comme dans chaque mouvement (même si, comme tu le soulignes, les victimes sont certainement plus nombreuses côté manifestant.e.s). Quelles que soient les victimes, c’est terrible, dans les deux situations. Des gens sont blessés, mutilés, et porteront les marques de ce conflit social dans leur chair à vie.
      Je crois que ce que tu proposes est en totale adéquation avec les personnes qui ont un sentiment « gris » par rapport à cette mobilisation. A nous d’essayer de transmettre, de discuter et de donner des outils utiles aux GJ qui le souhaitent – sans jamais tirer la couverture à soi. Tu as tout dit, je ne rajoute donc rien de plus 😉
      Belle journée à toi !

      Aimé par 1 personne

  2. Merci pour cet article honnête, complet et bien construit ! Autour de moi je discute avec pas mal de personnes qui pensent comme toi (et moi, du coup^^), qui sont un peu perdues avec tout ça, qui ont du mal à prendre une vraie position. Ni pour, ni contre (bien au contraire :P)… c’est un peu compliqué, comme tu dis, dû à la diversité du mouvement. Tout comme toi par contre je suis absolument contre toute forme de violence des deux côtés – et du coup mon mari m’a sorti le fameux « ah ouais mais t’as une autre solution ? apparemment il n’y a que ça qui marche ! » mais … nan. C’est la merde et je suis d’accord avec les revendications de base mais tout casser, brûler, bloquer les centres-villes et du coup, foutre dans une merde pas possible les petits commerces, comme tu en parles aussi, ça je ne peux pas cautionner. Comme toi je dois être un peu hippie utopiste 😀 Je suis plus pour les boycotts et les actions pacifiques mais bon ! 😛 Par contre, et tu en parles aussi (tu parles de tout ;)), Ciaran me faisait remarquer quand je parlais de ma désapprobation de la violence : « et la violence faite aux pauvres ? » et oui, c’est vrai, la violence faite au peuple d’une manière générale, il ne faut pas l’oublier, même si elle n’est pas quantifiable ou physique.
    Un vaste sujet bien complexe, et je ne sais pas du tout où tout ça va nous mener !

    J'aime

    1. Hello Anousha, merci pour ton commentaire 🙂 Ravie d’avoir pu apporter un peu d’eau à ton moulin – j’espère avoir rendu plus ou moins cohérent ce qui l’était moyen-moyen jusqu’à présent. C’est toujours assez dur d’exprimer une position en demi-teinte et j’ai l’impression que je n’ai pas trop foiré, ça me fait plaisir ^^
      Ce rassemblement questionne énormément notre rapport à la violence et ça montre, en un sens, à quel point nous avons toutes et tous intériorisé la violence que nous subissons de la part de la classe politique dirigeante et des institutions. Elle nous semble « normale » donc on a tendance à ne plus la remarquer, tout simplement. Faut-il répondre à la violence par la violence (sans qu’elle soit forcément phyisque ou matérielle) ? Vaste question à laquelle je n’ai pas la réponse. La hippie auditrice de Tryo qui est en moi me fait dire « NON » 😆 et une autre partie, plus réaliste peut-être, me dit que le gouvernement ne comprend que ce langage. A creuser !
      On verra dans quelles directions partiront les gilets jaunes, mais quoi qu’il en soit, il est important de continuer à dialoguer, à échanger, à faire preuve d’empathie et à comprendre.
      Irene, du blog La Nébuleuse, donne l’excellente piste de fournir des ‘méthodes’ aux GJ qui le demandent – de partager des modèles d’action sans imposer. Cela me paraît être une très bonne solution, pour avancer main dans la main.
      Aller, passer une bonne journée ! Des bisous !

      Aimé par 1 personne

  3. WahooOO!! Alors là bravo! J’applaudis des 2 mains (en même temps, je peux difficilement faire plus….) J’applaudis parce qu’il est 22h, que j’ai passé ma journée à me bousiller les yeux sur des écrans et des livres et pour réussir à me faire lire ton article en entier dans ces conditions, c’est que c’était vachement intéressant et bien écrit! Je dois t’avouer que je suis assez « grise » moi aussi mais j’avais du mal à poser des mots et des arguments dessus, et toi tu l’as fait, et en détails. Je suis dans une catégorie classe moyenne-aisée, et j’avoue que si le pain augmente de 5 cts, je n’en fais pas un fromage … mais je vois des gens autour de moi qui le remarquent et je suis estomaquée de réaliser que des gens en sont là, des gens qui bossent ou pas, des gens qui doivent élever des enfants, leur faire espérer pour l’avenir? quel avenir?? Pour des raisons de santé mentale, de ras le bol, de besoin d’info plus objectives, j’ai arrêté de regarder les infos TV depuis des années, et étant une ourse, j’ai raté aussi les débuts du mouvement GJ, je ne comprenais pas tout,et effectivement je suis plutôt #TEAMClimat mais merci à toi, j’y vois un peu plus clair et j’apprécie la synthèse bienveillante, ta capacité à tenir compte de ta situation financière qui pourrait faire pencher la balance d’un côté égoïste si tu n’étais pas capable de regarder aussi la situation du voisin dans la merde, et pour ça merci! Remettre en question son comfort, en tenir compte quand on se fait son opinion, c’est précieux et ça fait du bien de voir que ça existe! Bref… je vais pas aller plus loin, mais encore merci d’avoir trouvé les mots sur cette idée très floue que j’avais sur le sujet.

    J'aime

    1. Tatatata Nathalie, on peut applaudir des deux pieds 😛
      Je plaisante (j’ai bouffé du clown ce midi – je tiens une de ces formes !), merci pour ton commentaire ! Je suis ravie d’être parvenue à mettre des mots sur ce que pas mal de gens ont l’air de penser sans réussir à l’exprimer – ça n’était pas facile – mais il me semblait primordial de traiter le phénomène Gilets Jaunes point par point.
      Pour ce qui est de nos situations « moyennes – à l’aise », je crois qu’à un moment – il faut juste arrêter de se raconter des craques et se dire « non, je n’ai aucun problème à finir le mois » en parallèle avec « oui, mais d’autres sont à découvert dès le 15 ». « Ne l’oublions pas », c’est tout ce que j’avais envie de crier dans cet article.
      On pourra enlever ce que l’on veut à ce mouvement, je suis convaincue que les gens ont raison d’être en colère (et pourraient l’être encore plus), même si je ne suis pas toujours d’accord avec la façon dont ils l’expriment.
      Irène, du blog La Nébuleuse, propose l’excellente solution suivante: coopérer avec les GJ (sans pour autant les rejoindre), en leur transmettant divers « outils » pour ajuster le mouvement – s’il le souhaitent.
      C’est de notre responsabilité de discuter, de rester ouvert.e.s et de faire preuve d’empathie.
      Très belle journée à toi 😉

      J'aime

  4. Un très grand merci pour cet article que j’ai trouvé passionnant, vraiment, et qui alimente ma propre réflexion. Ce que j’ai beaucoup apprécié c’est le côté 360°, avec le pour, le contre… j’aime cette ouverture et le fait de prendre la chose dans son ensemble – je n’ai pas la sensation de « propagande » que je peux ressentir ailleurs ! Bravo et merci pour cet article qui a dû te demander particulièrement de temps !

    J'aime

    1. Hello Manon, merci pour ton commentaire 😉 En effet, cet article a demandé la mobilisation…d’un certain nombre de ressources mentales ^^ Surtout quand tu débarques et que tu te retrouves face à un mouvement auquel tu ne comprends que dalle 😛 Ravie d’avoir pu t’apporter cette synthèse, ce que j’espère avant tout, c’est que les gens puissent être indécis – et en même temps, au clair avec leurs idées. Je te souhaite une très belle journée !

      J'aime

  5. Tes réflexions sont toujours très intéressantes et assez poussées pour qu’on remette en question certaines idées qu’on n’avait pas forcément envie d’approfondir. Personnellement, je suis plutôt d’accord avec la première partie de ton article, c’est à dire que je vois plus de négatif à ce mouvement. Certes, il a évolué depuis le début, mais les témoignages que je voyais aux infos quand tout a démarré m’ont mises hors de moi « Ma femme gagne 1200€, je gagne 1200€ et on peut plus se nourrir avec les enfants à la fin du mois » Foutaise… Ou alors tu vis dans un logement qui est beaucoup trop cher pour tes moyens… Je gagne moins 800€ par mois et j’arrive à manger bio. Et puis j’ai déjà été très pauvre avec ma mère, on avait un logement social, des aides et on mangeait des pâtes, et ben au moins on avait tout ça, c’était déjà énorme, je trouve ! Certains n’ont rien du tout, et pour moi ces personnes qui se plaignent pour ces raisons les insultent… Les SDF ne sont pas entendus, et partout dans le monde, des gens n’ont vraiment rien, et pareil, tout le monde s’en fiche. Ensuite j’ai entendu beaucoup de choses racistes, encore une fois, ça me dégoute. Je t’invite à regarder le passage de Roman Frayssinet dans Clique sur Youtube, il en a très bien parlé. Et ensuite, la majorité (je crois) des personnes de ce mouvement se plaint parce qu’ils ne peuvent pas vivre la vie dont ils rêvent et qu’ils galèrent en fin de mois, et ils aimeraient surtout avoir plus de pouvoir d’achat.. Acheter, acheter, acheter… En attendant la planète en a ras le cul de notre présence et ils en prennent soin en brulant et détruisant tout ce qu’ils peuvent… Bon, sans faire de généralité, mais je crois vraiment que beaucoup sont aussi injustes… La seule chose pour laquelle je comprends totalement qu’on se révolte, c’est les retraites… Travailler dur toute sa vie et ne rien avoir, c’est pas normal.. Bien que mes grands-parents soient dans ce cas et n’en demandent pas plus… Mais je comprends. Bref, je suis plutôt contre et surtout parce que toute cette violence m’a bien fait souffrir à la fin de l’année, je n’en dormais plus, je suis trop dans le monde des bisounours mais je l’assume, j’ai besoin de ressentir de la bienveillance et de l’amour autour de moi, sinon j’angoisse….
    En tout cas je te remercie pour cette analyse très juste, encore une fois et je te dis à très vite ❤

    J'aime

    1. Hello Justine, un grand merci pour ta prise de position qui fait avancer le débat 🙂 Je suis d’accord avec toi sur plusieurs points, tout d’abord, malgré un salaire plutôt élevé à mon sens (que je suis loin d’utiliser dans sa totalité), on arrive à se loger, à très bien manger et à avoir des dépenses énergétiques faibles qui ne nous demandent pas énormément d’argent. Mais. Certaines personnes n’en sont simplement pas là dans leur démarche en fait. Nous, je considère qu’on est sensibilisées à l’environnement, qu’on a introduit plus de frugalité dans notre vie et qu’on arrive à considérer qu’avoir n’est pas la clef en ce bas monde. Je crois qu’une grande majorité des gens n’en sont simplement pas là. Ils sont biberonnés aux médias qui leur disent qu’être, c’est avant tout avoir et qu’il faut acheter pour exister. Ils sont la tête dans le guidon et n’ont, je pense, tout simplement pas conscience du drame écologique qui est en train de se jouer. Les gens veulent ce qu’on leur vend comme LE modèle de réussite sans jamais le remettre en question et je ne peux pas les blâmer pour ça…Il faudrait faire de l’éducation dans les écoles, former les enfants à l’éco-citoyenneté, mais ça, je crois que le gouvernement n’est pas prêt à le faire…Il y a bien trop de fric en jeu…Charge à nous d’informer comme on peut en attendant qu’un gouvernement ait réellement le courage politique de s’attaquer frontalement au problème et d’inclure l’ensemble de la population dans la balance. C’est mon avis et je crois que tous deux se répondent, qu’en penses-tu ?
      Merci d’avoir également partagé ton expérience. Je suis encore une fois assez d’accord avec le côté assez égoïste qui ressort du mouvement. Pour ce qui est du racisme, je crois qu’il ne faut pas généraliser, même s’il y en a, mais au delà de ça, il y a quelque chose de puant dans certaines revendications. MON pouvoir d’achat, MES enfants, MES fins de mois. Et pendant ce temps, comme tu dis, des SDF dorment dans la rue et tout le monde regarde ailleurs…Des gens en ce bas monde n’ont pas un accès décent à l’eau, à l’éducation ni à la nourriture. Tout cela reste très égo-centré.
      Je pense que ça a quand même mis un petit coup de pression au gouvernement qui a vu que le peuple peut se révolter, qu’on est pas complètement endormis malgré les apparences et ça c’est bien. Qu’on ne cautionne pas la violence c’est autre chose et je conçois totalement qu’elle ait pu te choquer et t’insécuriser. Je fais aussi partie de la team cocon, j’entretiens une haine viscérale pour toute forme de violence 😉
      Je me concentre sur ce que ce mouvement peut montrer de beau maintenant, le blocage des raffineries de pétrole, de l’usine Monsanto, des banques. C’est en les bloquant eux qu’on fera avancer les choses.
      Encore merci d’avoir exposé tes idées. A très vite, je t’envoie des bisous ❤

      Aimé par 1 personne

      1. C’est vrai, tu as tellement raison.. Le problème vient surtout du fait qu’ils n’ont pas encore eu ces prises de conscience par rapport à la planète et qu’ils suivent ce qu’on leur fait croire… Pas de généralités, c’est clair, jamais ! J’espère que tout va s’apaiser quand même et que le gouvernement fera en sorte de changer tout ce qu’il peut en trouvant les meilleures solutions possibles pour tout le monde.
        Gros bisous ❤

        J'aime

Exprime toi mon ami(e) !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s