Réduction des déchets

Réduire drastiquement ses déchets est-il compatible avec la vie en communauté ?

Ces jours-ci, ça travaille dur dans ma caboche.

En effet, je suis en train de déconstruire pas mal de choses. Je m’interroge sur certains points qui me semblaient acquis dans ma vie et qui, en fait, ne le sont pas tant que ça. Je ne vous l’ai pas dit, bien que je blablate déjà fort par ici, mais depuis quelques temps la doctrine zéro-déchets, eh ben j’en ai soupé. Un grand nombre de posts jugeants, décourageants, à côté de la plaque ou condescendants (chez Béa Johnson, mais pas que !) ont fait que j’ai subitement eu l’envie de prendre du recul. Je m’éloigne donc peu à peu (trop de contradictions qui ne me conviennent pas) pour opérer une transition vers autre chose. Vers ma doctrine à moi, celle qui me conviendra au quotidien.

Parce que quoi qu’on en dise, réduire ses déchets, c’est bien beau, mais comment qu’on fait t’y donc quand on vit avec des gens (parents, conjoint.e.s, enfants, ados…) qui se contrecarrent de tout ça ?

Vous avez dit Zéro Déchet ?

J’avais lu, il y a déjà quelques temps, un article qui m’avait semblé extrêmement intéressant dans cette myriade de gens qui font les choses parfaitement, à fond les ballons et qui te culpabilisent parfois (pas tout le temps hein, je ne voudrais pas me faire des ennemi.e.s 😉 ). Ce papier, vous pouvez le retrouver dès maintenant sur le blog Live Green d’Alice http://alicelem.com/jai-abandonne-le-zero-dechet/ et sa particularité réside dans le fait que cette dame a admis avoir…arrêté le zéro-déchet ! Suite à un changement de mode de vie (une colocation à 6 personnes), elle a préféré abandonner certaines habitudes, trop lourdes à imposer à tout le monde. Ça a beaucoup résonné chez moi et j’ai eu envie de mener une réflexion sur le sujet, d’en discuter ici, avec vous. La réduction drastique des déchets est-elle possible en communauté ?

Si j’en parle aujourd’hui, c’est surtout parce que je connais bien la musique et que ça me fait très souvent réfléchir. Ludo, mon cher et tendre conjoint, adhère moins que moi à toute cette école de pensée. Pour lui, les cotons lavables, « c’est nul » (alors que moi, je ne pourrais plus m’en passer et quand j’utilise, pour une raison X ou Y, un coton jetable, je trouve ça à chier 😛 ), il adoooooore les gâteaux suremballés, il kiffe changer de télé alors que la nôtre est encore très bien, il regarde mon oriculi comme une bête curieuse et le compost à la maison, c’est NO WAY (je lui ai pourtant expliqué que ça n’embaumera pas tout l’appartement, mais non, veto le plus total). Alors qu’est-ce que je fais ? Je mets son polaire Décathlon moche, sa Ventoline et ses guitares dans une valise devant la porte ? Mais non, grands dieux !!! Je ne vais pas lui faire le coup-là au pauvre lapin !!! (Si tu me lis, cher amoureux transi du mètre 62 bien tassé et légèrement boutonneux que je suis, paix et amour sur le monde, voici une photo d’écureuil mignon pour me faire pardonner 😛 ).

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Plus je réfléchis, plus j’en arrive à la conclusion que réduire ses déchets, c’est quand même vachement plus simple quand on est tout.e seul.e. Si j’étais célibataire (ce que je ne souhaite pas, JE L’AIME j’ai dit 😀 Rhooo, ‘faut suivre un peu !), j’aurais déjà poussé les choses beauuuucoup plus loin. Les petites victoires que je gagne au quotidien me prennent déjà énormément de temps – que je ne peux, pour l’instant, malheureusement pas investir pour aller plus avant de mon côté. Si je m’écoutais, je serais déjà passée au papier toilette lavable, à l’essuie-tout et aux mouchoirs réutilisables (coming soon pour ces deux-là), à la consommation 100% locale, à beaucoup plus de « fait maison » dans ma vie…Oui, mais voilà, je ne suis pas toute seule !

Faire la part des choses

Mon premier conseil sera donc…Relaxxxx Take it Eaaaaasyyyy !!! On ne peut pas virer toute sa famille sur un coup de tête, ni tout leur imposer du jour au lendemain. Chacun est là avec son individualité, n’avance pas au même rythme, ne comprend pas les choses de la même manière.

Je considère que prendre conscience, c’est déjà faire la majeure partie du chemin. Après, tout est question de déclic, de petite étincelle qui va nous faire basculer vers un effort supplémentaire.

Me comporter comme un ayatollah est incompatible avec ma manière de penser. J’estime être tolérante, autant que faire se peut, et imposer des comportements à Ludo alors qu’il n’en est pas là dans sa réflexion, c’est non. Je veux qu’il fasse ses propres choix parce que c’est ma vision d’une relation. Chacun doit pouvoir être libre dans son individualité, donc je n’impose pas. Peut-être devrais-je être plus stricte, fouet de dominatrice et costume de colonel intraitable, distribuant les punitions pour chaque centimètre carré de film plastique utilisé 😛 …mais non. C’est pas mon genre. ‘Sont chiant ces naïfs.ves qui préfèrent le dialogue et l’acceptation de l’autre 😉

Je ne crois pas que s’auto-flageller après chaque « écart écolo » soit très productif. C’est comme pour les régimes, je pense qu’on sera tous.tes d’accord pour dire que ça ne sert à rien de se scarifier après chaque Ferrero Rocher englouti devant une sombre rediffusion de l’Amour est dans le pré ! Je suis personnellement adepte du « c’est fait, donc c’est fait » (vois-tu toi aussi cette énorme porte que je viens d’enfoncer d’un gigantesque coup d’épaule 😀 ?). Plutôt que de se lamenter sur nos sorts, considérons nos erreurs et réfléchissons-y de manière aussi intelligente que possible.

Y aller petit-à-petit et faire de son mieux

Tout simplement parce que Rome ne s’est pas faite en un jour les gars ! Au quotidien, je considère que je plante des graines dans mon propre cerveau et dans celui de Ludo, et que peut-être un jour, elles finiront par germer ! Il faut y aller mollo selon la personnalité de chacun (ou le sexe d’ailleurs, vous savez la grande histoire d’amour passionnelle entre les hommes et le concept de changement 😆 ) faire des petits pas vers le graal de réduction drastique des déchets.

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Donc point de session d’hypnose ou de dramatiques séances de conversion consistant à mettre quelqu’un dans un cagibi de 3 mètres sur 2 avec 1 mois de déchets plastiques jusqu’à ce qu’il.elle pleure comme une merde en demandant pardon 😛 On progresse sagement. On encourage les prises de conscience, la réflexion. Se rendre compte qu’il y a un problème, c’est déjà merveilleux…parce que ça signifie qu’il va falloir trouver une solution ensemble.

Ce n’est pas vraiment neuf : je reçois pas mal de commentaires de personnes qui culpabilisent parce qu’ils.elles n’ont jamais l’impression d’en faire assez. Je dois dire que ça me fend toujours un peu le cœur ! Certain.e.s chantres du zéro-déchet (pas tous.tes, qu’on s’entende bien !) sont très dur.e.s avec les « autres », qui ne font, au choix, pas comme il faut, pas assez ou pas comme eux. Je ne me leurre pas, ce n’est pas parce qu’un mouvement comme celui du ZD est positif dans ses objectifs qu’il est forcément représenté par des personnes ouvertes et tolérantes. Des gens fermés et excluants, il y en a malheureusement partout et il faudra, jusqu’à preuve du contraire, toujours faire avec. Mais là, ce qui me dérange, c’est qu’il y a beaucoup de culpabilisation complètement improductive.

On a toutes et tous une vie différente, toutes et tous plus ou moins de temps et de disponibilité mentale à répartir, toutes et tous des contraintes à gérer au quotidien. Je prends mon exemple personnel, tout bête. Je travaille loin de chez moi, je me lève à 5h30 tous les matins et rentre à 18h au mieux, j’ai environ 3 heures de transports en commun par jour, je dois gérer mon travail à 40 heures, mon blog, ma communication, je grimpe 4 heures par semaine, je suis actuellement en train de changer d’orientation professionnelle et j’y consacre entre 12 et 24 heures par mois…Ludo a des horaires différents, d’autres choses à gérer. On s’organise comme on peut pour se trouver du temps à nous, mais aussi pour boucler des tâches ménagères et le train-train quotidien du repas/vaisselle/linge/poubelle/papiers administratifs et cetera. Et ces fichues journées qui s’obstinent à ne pas faire 48 heures…Et encore, on n’a pas d’enfants ! (*heureusement, dit-elle en s’essuyant une goutte de transpiration sur le front* 😀 )

Ne vous y méprenez pas, j’adore ma vie. Je l’aime de tout mon cœur. Ça bouge, ça va à 300 à l’heure, c’est un foutoir inimaginable, mais c’est moi, à 100%. Mais voilà, il arrive que quelques fois, je sois totalement vannée. Que mon mental ne suive plus. Que j’aie envie de faire dans la facilité. Que je ne remette pas systématiquement toutes mes actions en question. Alors quand, en plus de cette fatigue, se greffe par-dessus un quotidien déjà bien chargé, c’est compliqué. La simplification m’aide énormément et a déjà grandement amélioré mon train de vie surchargé. J’ai plein de projets, notamment celui qui ferait que nous n’aurions plus à mettre un orteil en supermarché…mais là encore, il faut convaincre le mâle – gestionnaire actuel des « grosses courses » alors que je m’occupe des petites, quand il y a besoin. On ne déconstruit pas 30 années d’habitudes en un claquement de doigts ! Enfin, certain.e.s y arrivent peut-être et dans ce cas, je leur tire mon chapeau !

La culpabilisation, l’ennemi du mieux

L’autre jour, je suis tombée sur un test mis en place par la WWF qui permettait de calculer son empreinte écologique (https://www.wwf.ch/fr/vie-durable/calculateur-d-empreinte-ecologique – que j’ai trouvé un poil imparfait mais passons ! Je ne leur jette pas la pierre, Pierre, j’ai conscience du boulot que ça serait de faire un truc vraiment complet), mais je me suis retrouvée avec un score DEGUEULASSE de 2,50 planètes et des cacahuètes pour mon mode de vie…Et vous savez quoi ? Sur le moment, ça m’a complètement dégoûtée, parce que j’ai vraiment l’impression de faire des efforts au quotidien (j’en ai fait un autre aujourd’hui et j’obtiens 1,60, donc tout est relatif 😛 Si ça vous intéresse, c’est par ici : http://e-graine.org/calculer_son_empreinte/) et je me suis dit « merde, ça sert à rien tout ça ».

Mais comme je ne m’appelle pas Manon Woodstock pour rien, deux jours après, j’étais passée à autre chose. Et vous savez pourquoi ? Je vais vous dire mon secret ! Les jours où je suis particulièrement frustrée par tout ce qui ne va pas encore complètement dans le sens d’une réduction de déchets, j’ai une astuce infaillible. Je me concentre sur ce que j’ai déjà accompli.

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Encore et toujours cette histoire de positionnement par rapport aux choses, cette manière de voir, positive ou négative, qui modifie absolument tout. Au lieu de me dire « tous ces changements que je dois encore entreprendre me sapent le moral », je me suis concentrée sur « regarde tout le chemin que tu as déjà parcouru, tout ce qui a changé dans ta vie ». Et c’était reparti comme en 40 :

  • J’ai supprimé les cotons démaquillants et les cotons tiges (pour moi en tout cas), qui ont totalement perdu leur place dans ma routine quotidienne. L’oriculi et les cotons lavables sont désormais mes amis.
  • Je n’achète plus de démaquillant en bouteille plastique et utilise désormais de l’huile végétale.
  • Mon utilisation de produits lavants emballés dans du plastique a été réduite à 0. Ludo s’achète encore un shampooing de temps en temps, mais c’est tout.
  • Je n’utilise plus aucune protection périodique jetable, ma cup menstruelle et mes serviettes hygiéniques lavables faisant largement le taf.
  • Mon dentifrice est désormais maison, avec 3 ingrédients seulement.
  • Nous mangeons presque essentiellement des produits frais et de saison. Je suis en lobbying intensif pour que l’on commence à se fournir en fruits et légumes du coin et qu’on arrête les enseignes type « Grand Frais ». J’ai bon espoir 😀
  • Nous n’achetons quasiment aucun plat cuisiné et faisons beaucoup de choses nous-mêmes comme les pains à sandwich, le bouillon, la mayonnaise ou encore les pâtes à tarte.
  • Le gaspillage de nourriture n’existe pas chez nous. Tout est transformé, réutilisé et mangé illico presto.
  • On a encore beauuuucoup d’efforts à faire sur la nourriture à emporter, mais on s’interroge et on commence à contacter les restos pour leur demander si on peut emporter dans nos contenants. Au travail, je privilégie la cantine, j’ai réduit mes achats de nourriture à emporter d’au moins 3 quarts.
  • On ne mange quasiment plus d’avocat, ni de produit contenant de l’huile de palme. On essaie de varier énormément ce que nous mangeons pour ne pas virer « monomaniaques ».
  • On a énormément réduit notre consommation de viande et on mange désormais végétarien (et même vegan de temps à autres), plusieurs fois par semaine.
  • J’achète quelques petits trucs en vrac : tout le nécessaire pour mes petits déjeuners, les épices et ce qui m’inspire sur le moment.
  • J’essaye de ne plus acheter aucun cadeau matériel. Je préfère toujours les bons pour activités ou les concerts qui me permettent de passer du temps avec les gens que j’aime.
  • Quand je peux aller quelque part à pied, même si c’est à 1 heure de marche, j’y vais. Systématiquement. J’essaie, pour chaque trajet de trouver une alternative en privilégiant les transports en commun.
  • Je n’achète plus aucune fringue. Ça doit faire pas loin d’un an et demi que je n’ai pas mis les pieds dans un magasin. Je prends ce que l’on me donne et j’y trouve finalement beaucoup de plaisir !
  • Je participe au challenge « 1 an sans rien acheter » de Zero Waste France. Oui, j’ai déjà craqué, mais cumulé sur 3 mois, honnêtement, je suis très fière de moi. Je n’en dis pas plus, cela fera l’objet d’un autre article à la fin de l’année.
  • J’ai définitivement arrêté les pailles en plastique. J’essaye de convaincre Ludo de faire de même.
  • Le café en dosettes est banni de nos vies.
  • On est devenus des véritables psychopathes du tri sélectif et on réutilise énormément de bocaux en verre.

(Désolée pour celles et ceux qui viennent de faire une crise d’apoplexie devant tant d’auto-promo 😆 mais ça m’a permis de faire un peu le point !)

Je ne demande aucune médaille, pour la simple et bonne raison que je n’en mérite pas. Mais vous savez quoi ? Ce n’est pas assez, mais c’est déjà pas mal du tout. Parce que je crois qu’on est sur le bon chemin pour aller plus loin.

Pour conclure (rapidement, en ne se remémorant pas chaque instant)

Oui, être en communauté et vouloir réduire son impact de manière drastique, ce n’est vraiment pas simple. Mais est-ce qu’on bazarde pour autant tous ces zozos qui ont l’effort compliqué ? Certainement pas. Parce que chacun son rythme et que c’est en acceptant toutes nos différences que nous parviendrons à nous guider ensemble sur un meilleur chemin.

Parce qu’au final, ce dont a le plus besoin ce monde, je crois que c’est bel et bien d’amour. Aimez-vous, respectez-vous, avancez ensemble, dans une optique de respect de chacun.

Quelles réflexions vous inspire cet article les loulous ? Rencontrez-vous les mêmes problèmes au quotidien ? Quels ajustements faites-vous avec votre famille ou dans votre couple pour mieux « synergiser » la réduction de vos déchets ? Envie de me parler météo, comme font deux collègues qui se croisent dans un ascenseur et qui n’avaient pas vraiment envie de se parler ? Je vous attends de pied ferme, quoi que vous ayez à me dire 🙂

Je vous souhaite une très belle journée et vous dis à très vite !

Colombe de la paix et Cafetière à piston !

Manon Woodstock.

 

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11 réflexions au sujet de “Réduire drastiquement ses déchets est-il compatible avec la vie en communauté ?”

  1. Je me reconnais beaucoup dans ce que tu dis (et j’étais toute contente de voir un nouvel article par ailleurs, j’aime beaucoup ta plume ^^ !). J’ai d’autant plus rigolé que la personne avec qui je vis rentre tout à fait dans les cases « polaire décathlon » et « ventoline », entre autres. Il comprend quand-même et accepte pas mal de choses quand elles ne sont pas trop compliquées à mettre en place, du style les sachets de vrac réutilisable pour le magasin bio c’est OK. Mais pareil, les biscuits industriels et un certain nombre de trucs restent indispensables pour l’instant, et je pense qu’il ne faut vraiment pas en faire un drame : d’une part on avance quand-même, d’autre part ce serait injuste d’être aussi durs avec nous-même quand on sait que les gestes individuels ne font pas tout, loin de là. Les copains qui bossent dans le ciné ou l’évènementiel, dans la photo etc, me racontent comment se passent les évènements, je pense que chaque tournage ou session photo fait jeter tellement de gobelets, serviettes en plastiques, emballage etc, que ça représente pas loin de ce qu’on jette en une année ! Je ne dis pas ça pour nous dédouaner de toute responsabilité, mais pour appeler à une bienveillance envers nous-même et les autres… et puis il y a la question de la charge mentale, bien souvent ce sont les femmes qui gèrent ça à la maison, en plus de tout le reste. (PS : tu as un rythme de dingue, je t’admire, je ne saurai jamais comment gérer tout ça !)

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire (et pour le compliment ! ça me va droit au coeur 🙂 )
      Je suis entièrement d’accord avec ton analyse, les gestes individuels ne font pas tout ! Il m’arrive également de participer à des évènements extérieurs et quand je vois TOUT le gaspillage occasionné, ça me donne le vertige ! Mais ça, à moins de s’envelopper dans une nappe Crédit Mutuel et de mettre le feu à une montagne de gobelets floqués pour protester, on y peut pas grand chose malheureusement 😆
      Le tout, pour soi j’entends, c’est d’y aller domaine par domaine. Perso, j’ai bien avancé dans la salle de bain et dans ma consommation personnelle. Il va falloir que je mette plus le nez dans la cuisine. Ce sont des challenges, mais ils sont hyper positifs ! Ils me poussent à voir toujours plus loin.
      J’aime cette idée de bienveillance avec soi-même, et en manquer me parait totalement incompatible avec une démarche écologique inscrite sur le long terme.
      ++++ pour le constat que ce sont, une fois de plus, les femmes qui s’occupent de ça toutes seules à la maison, avec pas beauuuucoup de réponse en face…Il y a un partage à peu près équitable des tâches ménagères avec mon exemplaire d’homme en polaire, mais la réduction des déchets, il en est loin et finalement, c’est souvent moins qui donne ce genre d’impulsions dans le couple !!! *vous reprendrez bien une louche de charge mentale, madame ?* 😀 Il commence à s’y mettre, il fait sa Ginger beer, ses pickles. Je sens que ça va venir, on tient le bon bout !!
      Concernant mon rythme, je n’ai aucun mérite, je me suis rendue compte avec le temps que j’avais besoin de vivre à 500 à l’heure. Si je n’ai pas 350 projets dans une journée, je ne me sens pas vivante. Rester un mois à la maison à cause de mon pied blessé a failli me tuer 😛 Je fais partie de ces personnes qui ont besoin d’être dans une urgence permanente 😉
      Très belle journée à toi !
      Ps: Longue vie aux asthmatiques mangeurs de Madeleines Saint Michel !

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      1. Et puis y’a aussi le fait que la personne avec qui on vit a parfois elle aussi des choses qui lui tiennent à cœur et qui nous intéressent moins ou des convictions qu’on ne partage pas entièrement et il faut trouver des compromis… si quelques aliments un peu trop emballés sont des éléments rassurants dans le frigo, autant lâcher là dessus.

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      2. Tout à fait ! En couple ou en famille, TOUT ou presque est une histoire de compromis, il ne faut jamais l’oublier. Pas plus tard qu’hier, j’essayais encore de faire passer mon idée d’abandonner les supermarchés car une « K’bionette » sillonne la région avec pas mal de produits et miracle, elle passe par chez nous !! Première question de mon cher et tendre « Est-ce qu’ils ont du Nesquick ? » 🙄 🙄 Fatiguant, j’te dis 😛

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  2. J’aime beaucoup ton concept de « mettre quelqu’un dans un cagibi de 3 mètres sur 2 avec 1 mois de déchets plastiques jusqu’à ce qu’il.elle pleure comme une merde en demandant pardon » 🙂 Je me note de te contacter le jour où j’aurais besoin d’une tactique punitive intéressante 😛
    C’est vrai que la vie en communauté ne simplifie pas les choses. Toutefois, je crois que pour faire avancer les mentalités des autres, il est nécessaire de ne pas abandonner, pour servir de modèle et de rappel justement sur les conséquences de nos actes. Je trouve ça contre productif de laisser tomber ses engagements sous prétexte que les autres n’y adhèrent pas. Il me semble qu’on n’avancerait pas bien loin en réfléchissant tous dans ce sens.
    Pour ce qui est des articles culpabilisants et moralisateurs, je crois qu’il faut qu’ils continuent à exister, pour la simple raison qu’ils font avancer certaines personnes – et je crois qu’on a une tendance à réfléchir davantage sur un sujet qui ne nous met pas à l’aise que quand on s’entend dire « c’est super cool ce que tu fais » (mais peut-être tout le monde ne fonctionne-t-il pas ainsi). Je ne dis pas que ça fait du bien à l’ego de s’entendre dire qu’on est qu’une merde égoïste parce qu’on pollue grave et qu’on est de fait responsable de la destruction de la Terre. Clairement, ça flingue le moral, surtout quand on réalise à quel point on est loin de l’idéal. Et ce n’est pas vraiment légitime de la part de ceux qui moralisent dans le sens où eux aussi sont passés par la surconsommation avant de réaliser les conséquences de leurs actes. Malgré tout, et si, entendons-nous bien, je ne cautionne pas la coercition (malgré mon goût pour les cagibis remplis de déchets plastiques :P) :
    – d’une, je comprends la « colère » de ceux qui ont compris face à l’incompréhension des autres (c’est difficile de se heurter à un mur quand une cause nous tient à cœur) sur un sujet si crucial ; après tout, c’est quand même une question de survie.
    – de deux, je ne suis pas adepte de la douceur, de l’écoute et de la « tolérance » à tout prix. Il y a des personnes qui ont besoin de se faire faire violence pour finalement bouger, et a-t-on le temps d’attendre qu’elles se réveillent tranquillement de leur léthargie pour faire bouger les choses ? Non, sinon on va se retrouver tous dans un giga cagibi. Et heureusement que les lignes peuvent bouger sans attendre l’assentiment de tous : on n’a pas attendu que tout le monde soit d’accord pour abolir l’esclavage, ni pour reconnaître aux homosexuels le droit légal (en pratique, évidemment, c’est plus compliqué) de faire ce qu’ils veulent de leur vie privée, etc. Je crois que quand une cause est plus grande que le confort d’individus, et clairement, dans le fait de sauver la Vie de nos ingérences, on est en plein dedans, alors il est tout à fait bienvenu d’outrepasser le confort en question pour servir la cause plus grande. Bon, après, dans la pratique, c’est pas simple, c’est sûr. Mais c’est compréhensible et justifiable pour moi.
    Après, on est d’accord pour dire que ce monde a besoin de plus d’amour, c’est pas moi qui dirais le contraire. Mais justement, est-ce que l’amour, dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, ce n’est pas de protéger une planète et tous ses habitants des excès de chacun ?
    Belle fin de semaine à toi !

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    1. Tout à fait ! Je réponds un grand oui à ta dernière question !!!
      Il faut de l’amour, dans tous les sens du terme. L’humain a tellement peur du changement qu’il s’est depuis trop longtemps renfermé dans la haine. La haine de l’autre, la haine de ce qui est différent et j’en passe et des meilleures. On a même développé avec le temps, une haine de la planète, alors même que c’est notre lieu de vie. On s’est mis à se croire tout puissants, à vouloir la manipuler avec la chimie, à croire qu’elle devait ramper à nos bottes…Mais on oublie quelque chose de crucial…ça devrait être le contraire ! C’est notre lieu de vie, dont notre survie dépend. Nous devrions en prendre le plus grand soin et lui témoigner un amour profond. Malheureusement, c’est encore loin d’être le cas.
      Pour le reste, je suis un peu moins d’accord. Imposer les choses aux gens, oui à grande échelle, pourquoi pas (bon exemple avec abolition de l’esclavage et droits des LGBT d’ailleurs 😉 ). Il faudrait que les gouvernements se bougent, nous pondent quelques lois, sans reculer à la moindre grève (coucou le fiasco de l’écotaxe) et qu’il y ait un vrai courage écologique au gouvernement. On sait déjà que ça ne sera pas le cas pour les 4 prochaines années.
      La solution reste donc dans la moins grande échelle, en convainquant les gens que la protection de la planète est importante et en donnant de bonnes directions pour la modification des comportements (peut-être pour qu’ils se mettent à voter pour des politiques un peu plus concerné.e.s aussi…). Cependant, individuellement, je ne crois pas que ça soit la meilleure technique d’imposer, même s’il en va de notre survie. Toutes les fois où j’ai été dans le conflit avec quelqu’un au sujet de l’écologie, je n’ai rencontré que mépris, moquerie voir même exacerbation des comportements anti-écolo, rien que pour me faire chier. A chaque fois. Le message ne passe pas. Alors, peut-être que c’est moi qui m’y prend mal (c’est une possibilité), mais je remarque que quand j’y ai été en douceur, que j’ai expliqué les choses avec pédagogie, sans jugement ni culpabilisation, tout est passé comme une lettre à la poste et efforts il y a eu.
      Alors oui, tu as sans doute raison, on en est plus au point où on peut encore tergiverser et caresser les gens dans le sens du poil, mais, personnellement, je me vois mal ordonner ou forcer les gens à faire des choses qu’ils n’ont pas décidé de faire. Ce n’est pas fluide pour moi.
      Peut-être que l’humanité court à sa perte, peut-être que nous aurions dû essayer la méthode douce bien avant. Peut-être qu’il n’y a que la méthode forte qui conviendrait. Je n’ai pas la réponse à cette question. Mais si manière forte il y a, ça se fera sans moi, tout simplement parce que je n’y crois pas. Advienne que pourra et au moins, j’aurai pour moi la sensation d’avoir essayé, un peu.
      Je te rejoins sur le point que tout ça, c’est plus facile en théorie qu’en pratique.
      PS: j’ai PLEIN de nouvelles idées de tortures écolo, on se tient au jus si tu manques d’inspiration 😛

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  3. Un article qui me fait du bien, car je dois faire partie des personnes qui te fendent le coeur en culpabilisant de ne pas pouvoir faire autant que je voudrais ! Tu as totalement raison, et j’arrive à penser comme ça de temps en temps – il faudrait que j’arrive à penser comme ça TOUT LE TEMPS. Chacun.e son rythme et comme tu dis, être en couple ou en coloc ne facilite pas forcément la tâche si les partenaires ne sont pas aussi à fond. Mon mari est très écolo tout ça mais réduire les déchets c’est une autre paire de manches que faire le tri sélectif ou prendre son vélo, c’est vraiment un changement de vie, une remise en question quotidienne, et pas quelque chose qu’on peut facilement faire sans moyens corrects (encore une fois, sans épicerie en vrac c’est déjà vachement plus difficile par exemple !). J’ai réussi à lui faire accepter de ne plus acheter de biscuits industriels car je les fais tous moi-même (mais il faut aussi avoir un peu de temps chaque semaine, certes ça prend genre 30 min mais je sais que parfois on peut être débordé.es !), et il utilise aussi le shampoing que j’ai fait, mais au début il était sceptique. Et il n’est pas adepte du dentifrice maison par exemple ! Bon, comme tu dis, c’est comme ça et on va pas les mettre à la porte pour autant ! 😉

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    1. Ahaha 😀 je vois bien ton mari tout penaud sur le pas de la porte avec son dentifrice Colgate à la main.
      On fait les efforts qu’on peut. Oui, ce n’est peut-être pas assez. Oui, on se fera sans doute toujours culpabiliser par certain.e.s qui font forcément tout mieux que nous. Mais au moins, on aura essayé de se remettre en question et de changer. Quoi qu’on en dise, ce n’est pas rien.
      Nous sommes et nous resterons toujours une espèce contradictoire. Il faut l’accepter et essayer de faire au mieux avec ce que l’on a.
      J’ai à peu près le même modèle que toi, adhérant à 100% aux préceptes écolos, mais dans la pratique, c’est clairement « peut mieux faire » ^^ Et en plus il n’hésite pas à me balancer mes propres contradictions en pleine poire alors qu’il ne fait pas beaucoup d’efforts. Hier soir j’ai même eu le droit à un « ah, tu ne leur dis pas sur ton blog que tu commandes de la nourriture à emporter emballée dans plein de plastique » TETE DE NOEUD. Et en plus, si, il me semble que je l’ai déjà avoué 😛
      Essayer de changer est une chose louable, mais soyons réalistes, vivre en communauté, c’est prendre deux voir trois fois plus de temps pour mettre des choses en place. Est-ce qu’on se retire dans une grotte pour autant ? Ma réponse est non 😉

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  4. Salut Manon,
    Comme d’habitude un article tres interessant. J’ai la chance que mon conjoint soit sur la meme longueur d’onde que moi en ce qui concerne le zero dechets. C’est lui qui parfois me dit qu’il faudrait qu’on arrete d’acheter certains trucs alors que je n’y avais meme pas pense. A la maison on y va petit a petit dans les changements en general quand on finit un produit on essaye de trouver une alternative zero dechets et c’est comme ca que petit a petit notre maison devient zero dechets. J’essaie de ne pas culpabiliser et je me dis que ce que je fais c’est toujours mieux que rien. Nous parlons souvent de la philosophie zero dechets avec nos amis, collegues et familles. Certains nous prennent pour des fous mais d’autres sont interesses et dans ces cas la nous essayons de leur donner des conseils qu’ils peuvent facilement mettre en place au quotidien. Du genre acheter une gourde, du the en vrac et non en sachets…
    Le probleme comme tu dis c’est la presence de gens « parfait » qui fait que certaines personnes n’osent pas franchir le pas. La peur du regard des autres joue beaucoup aussi. Mais je suis sure que petit en petit les gens font realiser qu’ils faut qu’ils agissent s’ils veulent que leurs enfants/ petit enfants est une planete vivable.

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    1. Hello Mélodie, merci pour ton commentaire 🙂 C’est super intéressant ! Me concernant, je t’avoue que j’en parle finalement assez peu avec mes proches, en tout cas directement. On échange parfois après des articles que j’ai publié et j’en parle pas mal avec des amies. Il arrive que certaines fois, on touche juste, mais avec certaines personnes c’est compliqué…Il faut prendre des pincettes, donc j’y vais tout doux.
      Je crois qu’y aller petit à petit est essentiel. On ne se rend même pas compte de tous les changements entrepris tellement ils sont intégrés dans le quotidien. Après quelques temps, c’est chouette de se retourner et de se dire: Wahou, j’ai déjà fait tout ce chemin et je ne m’en étais même pas aperçu.e !
      Très belle semaine à toi 🙂

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