Nature

Stop à la bétonisation à outrance !

Eh les amis, vous savez quoi ? I DID IT ! Je l’ai fait 😛 N’en déplaise aux affreuses mauvaises langues, j’ai tenu mon pari de ne pas consommer une seule goutte d’alcool ni vendredi ni dimanche (pas samedi hein 😀 faut pas déconner Micheline !). Ludo a bien essayé de me tenter, le fourbe, « Allez, prend une petite bière avec moi », que nenni ! Je suis restée stoïque en secouant ma bouteille d’Orangina.

Une question est sur toutes les lèvres : as-tu passé de merveilleuses nuits, reposantes et longues, que tu n’imaginais plus, même dans tes rêves les plus fous ? Euh…ben non. Ça valait le coup de se mettre à la diète, c’est moi qui vous le dit ! Quand je me suis réveillée samedi matin avec une bouche pâteuse et un fond de mal de tête, je me suis d’abord demandé si c’était une blague de mauvais goût. Pas l’ombre d’une goutte de jus de houblon et j’ai…la gueule de bois ??? C’est une plaisanterie ? Eh bien non, il semblerait que mon corps soit désormais conditionné, quoi que je fasse, à simuler les symptômes d’un lendemain de cuite, même quand je ne bois pas. Inquiétant…Ceci est un message aux petits jeunes de 18 ans. Profitez un max !!!! Parce qu’après 25 ans, c’est le début de la fin. On ne tient plus le choc ! On a mal aux cheveux, même pour consommation excessive d’Oasis ! Comme dirait mon homme, y a plus qu’à attendre le coup de fouet des 50 ans…

Trêve de bavardages (j’essaye de faire plus direct depuis que mon cher et tendre m’a avoué qu’il abandonnait en général après l’intro – comment voulez-vous que je convertisse les gens à l’écologie s’ils ne lisent que mes divagations ??? On va voir émerger une congrégation de gens qui se baladent avec des slips sur la tête qui « lisent les intros de Manon Woodstock » ? – C’est pas vrai JE RECOMMENCE !!) – Je disais quoi déjà ? Ah oui, « trêves de bavardages » !Construction_in_Toronto_May_2012

Depuis que je travaille au Luxembourg, je me livre à de nombreuses considérations philosophiques (tremble Luc Ferry !!), exacerbées par mes pèlerinages quotidiens voiture-train-bus. Une des choses qui frappe le plus quand on passe la frontière, c’est qu’on a envie de rentrer à la maison ce sont les travaux. Le Luxembourg est un pays en perpétuel chantier. Ça ne s’arrête absolument jamais (en même temps, faut bien continuer à blanchir l’arg…payer ces braves gens du bâtiment – CHUUUUUUT, vous n’avez rien entendu hein ? 😉 ) et j’ai toujours l’impression que le moindre mètre carré d’herbe est utilisé au maximum de ses possibilités. Après, comme dirait mon beau-frère, le jour où il n’y aura plus de place, on cassera tout et on recommencera (où ça un serpent qui se mord la queue ?). Ce qui m’inquiète là-dedans, c’est la bétonisation systématique de toute zone de nature. C’est un pays où on finit par ne plus voir d’herbe. Là où j’admire un champ, ils voient un building potentiel.

Le principal problème de cette frénésie de constructions est la destruction des zones humides. Ces dernières, qui servent de gigantesques éponges en cas de pluies, ne peuvent plus faire leur taf. Si une terre est asséchée, bétonnée puis recouverte avec un immeuble ou un parking, forcément, ça va beaucoup moins bien marcher. La conséquence, c’est qu’il y a de plus en plus d’inondations. Et tout le monde pleurniche. Ouin Ouin, la vilaine planète qui fait pleuvoir et qui détruit toutes nos belles constructions. L’être humain ? Con ? Vraiment ? Rhooo, vous êtes durs 😛

L’autre problème majeur de la bétonisation est la destruction des écosystèmes. On en a beaucoup parlé à travers la polémique de Notre Dame des Landes. Je me doute bien que la plupart d’entre vous n’en a rien à taper de la grenouille jaune du Berry, ou du triton du Bengale qui sont menacés par un aéroport. Et à vrai dire, je me fiche que vous vous en fichiez (vous suivez toujours ?), vous êtes grands. Ce n’est pas ça qui me fait dresser les cheveux sur la tête. Ce qui m’énerve au plus haut point, c’est que l’espèce humaine fait comme si elle était toute seule sur la planète. Je vais vous donner un gros scoop : on est loin d’être les premiers à avoir débarqué sur terre. Loin de moi l’idée de commencer à caillasser ceux qui mangent de la viande (j’en fais partie, ça serait le comble de l’hypocrisie), mais les animaux ont le droit d’être là aussi. Ce que je vais dire va paraître niais, mais à vrai dire je m’en balance : eux aussi ont une maison et ont le droit qu’on ne rase pas tout pour construire un énième groupement de Zara-H&M-Camaïeu-Jules-Orchestra comme il y en a juste un million. Et je ne parle même pas des constructions intempestives en bord de mer, qui provoquent l’érosion des sols et qui défigurent le littoral.

Ce qui me dérange également, c’est le côté très insatiable des humains. Il n’y en a jamais assez. Jamais assez d’autoroutes, jamais assez de maisons, jamais assez d’aéroports, jamais assez de magasins. Plutôt que d’améliorer l’existant, on se contente de créer, créer et toujours créer. Comme des pantins pathétiques ayant une peur bleue du vide. Quand en aurons-nous enfin assez ?

Nous perdons de précieuses et fertiles terres agricoles pour en faire des parkings et des supermarchés inutiles. Les promoteurs immobiliers exproprient les paysans et leur offrent des prix ridicules juste pour se faire un peu plus de pognon. J’ai lu un article très intéressant par ici : https://www.bastamag.net/Ces-ultimes-terres-agricoles-qui-resistent-encore-a-la-betonisation-du-grand et je peux vous dire que ce n’est pas très reluisant. Ces gens décrivent un véritable rouleau compresseur, contre lequel ils ne peuvent même pas lutter. Ils galèrent en justice pendant des années pour finalement se faire racheter leur terrain à un prix ridicule. Les méthodes décrites sont mafieuses, ni plus ni moins.

Les centres-villes sont désertés, deviennent des vraies « zones » à causes des malls gigantesques à l’américaine qui poussent comme des champignons. Je ne vais pas prétendre que je ne fréquente jamais ce type d’établissement, mais quand je vais en ville et que je vois des panneaux « A louer » partout, ça me sape le moral. Il n’y a plus de petites boutiques de proximité, elles asphyxient. Si vous êtes dans le coin, allez faire un tour à Thionville, dont le centre est en train de crever ! J’en arrive au constat hallucinant qu’on bétonne ailleurs pour laisser des structures parfaitement utilisables à l’abandon. Parce qu’on veut du neuf, du beau. Et que c’est surement moins cher de construire de zéro que d’améliorer l’existant. Que fait l’Etat me direz-vous ? L’Etat laisse faire ! Et ce n’est pas avec notre président mi business man – mi VRP que les choses vont s’arranger – malgré Nicolas Hulot à l’écologie (qui me déçoit beaucoup pour le moment). On devrait valoriser les forêts, les zones humides, les terres agricoles, mais non, ça rapporte tellement plus de pognon de construire une énième zone commerciale ! Coucou les lobbys de la construction et des promoteurs immobiliers !construction-work-670278_960_720

En parlant d’immobilier, j’ai été vraiment choquée par l’attitude de ma banquière. Malgré mes horribles tartines, je n’ai pas dû le mentionner : nous cherchons à acquérir un nid douillet depuis quelques mois. Nous sommes donc passés par le (très) réjouissant rendez-vous à la banque où nous avons parlé crédit sur 25 ans (quelle horreur), frais de notaires et tutti quanti. Je n’avais pas posé mon cul sur la chaise, qu’elle nous proposait déjà de « faire construire ». Elle a bien cru m’amadouer avec les 3 mots magiques : « prêt à taux 0 » « à votre image » et « j’ai plein d’emplacements à vous proposer » – on passera sur le  « je vais me faire une super marge sur le dos de ces deux couillons ». La pauvre. J’ai vraiment eu pitié pendant quelques secondes. Elle était bien loin d’imaginer qu’elle avait Manon Woodstock en face d’elle, non seulement écolo, mais aussi totalement allergique aux banlieues pavillonnaires. EURK, ça me file des boutons ! Plutôt rester en appartement toute ma vie !

Néanmoins, je ne peux m’empêcher de constater que ces maisons prêtes à construire ont un énorme succès. De plus en plus de gens veulent leur maison, à leur image. Mais de telles pratiques ne pourront pas continuer éternellement. Je vois fleurir des banlieues pavillonnaires partout. Où nous installerons-nous quand chaque mètre carré aura été occupé ? Et le pire, c’est que tout le monde ronchonnera dans sa cave inondée !!

Je ne suis absolument pas en train de dire qu’il faut tondre tous les occupants des maisons MIKIT en place publique, loin de moi cette idée. Mais il FAUT que les choses changent. Je me doute bien que les banquier(e)s n’arrêteront pas de proposer une solution avantageuse pour eux juste par souci écologique et que le gouvernement ne va pas se mettre soudain à légiférer, et rendre plus attractif l’existant par rapport au neuf, après tant d’années de déceptions et de d’inaction. Je sais que c’est dur de refuser, surtout dans les régions (comme celle où j’ai la malchance d’habiter) où toutes les maisons sont horriblement surcotées (merci le Luxembourg). Mais le changement passera par nous, encore. J’en suis persuadée. Il faut s’orienter vers un autre mode de pensée : privilégier l’existant (même si c’est plus petit que ce qu’on avait imaginé), accepter d’avoir une maison qui n’est pas exactement comme on l’imaginait, construire petit et écologique si on a vraiment pas le choix.

Plus généralement, on dirait que la nature nous stresse. On l’assimile au vide. Moi je trouve que c’est plutôt le contraire du vide. C’est le plus beau spectacle qu’il m’ait été donné de contempler. Vous est-il déjà arrivé de vous poser une petite demi-heure en pleine nature pour admirer ce qu’il y a autour de vous ? C’est plein de vie, ça pétille, il se passe des choses inattendues toutes les 30 secondes. En fait, je crois que ce qui nous stresse, c’est qu’on n’a pas le contrôle sur la nature. Elle reprend toujours ses droits. Une chape de béton bien lisse, on sait la gérer, ça nous fait gonfler les muscles, on a construit ça avec nos grosses mains. On se sent grand. Mais en réalité, nous sommes tout petits. La nature n’a pas besoin de nous, et ça ne sera jamais le cas. T’inquiètes pas que même avec tout le désherbant de la terre, ta belle étendue bétonnée finira par craqueler et laisser entrevoir la plus jolie des fleurs, qui te dira qu’elle t’emmerde. Je suis toujours émerveillée de voir qu’au Kirchberg, temple du béton et de la pollution par excellence, j’arrive à dégoter des mûres et de l’origan. On pourrait presque se faire une pizza !

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Regardez-moi ce superbe origan qui pousse au milieu des voitures !

 

En résumé, il faut se battre contre la bétonisation à outrance. Parce la nature est belle et qu’elle mérite d’exister. Parce que nous courons à la catastrophe et allons au-devant d’inondations constantes. Parce que nous nous devons de respecter la terre, où nous avons l’immense privilège d’habiter. Respect. Encore et toujours.

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Regardez-moi ces jolies mûres 🙂

Bon voilà, c’était le petit cri du cœur du jour, z’avez vu, j’ai même pas abusé sur la longueur 😛 Je n’ai peut-être plus l’âge où le foie est vigoureux mais une chose est sûre : j’ai atteint l’âge de la sagesse.

Je vais m’en retourner à ma fabuleuse journée, sous une tempête très « Le jour d’après » et en continuant à espérer que j’ai bien fermé les fenêtres de l’appartement (sinon…ben…j’ouvre un centre aquatique ce soir ! 😀 ). Belle journée à tous !

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